Les délocalisations, opérant un transfert d'activité et d'actifs d'entreprises d'un pays vers un ou plusieurs autres, constituent incontestablement un facteur majeur du chaos économique actuel. Nullement récent , le phénomène s'est accéléré, et surtout systématisé, depuis la fin des années 1970 dans un mouvement aboutissant à un déplacement massif d'industries et services vers les pays "en développement", au détriment des pays industriels occidentaux, des pays "riches". Aboutissant à une destruction d'emplois , mais aussi de ressources fiscales et sociales, importantes pour les pays les subissant, les délocalisations remettent en cause le "grand déséquilibre" économique conçu, avec une redoutable légèreté, au sortir de la deuxième guerre mondiale. Lorsque le rimmel a commencé de couler, au terme des "trente glorieuses", loin de s'interroger et réagir, on a préféré la facile fuite en avant. Jour après jour, couche après couche, on a tenté de ravaler le maquillage illusoire, mais sans résultat : femme de petite vertu, la croissance n'est pas au rendez-vous... Et elle ne viendra plus, pour nos pays dits riches. Et les entreprises s'évadent. Les entreprises, seules pourvoyeuses des ressources des nations contemporaines. Contester ces (deux) faits n'y changera rien. Stupidité violente ou gémissements ne sauraient s'opposer à l'inexorable. Mais, ces délocalisations, sont-elles seules en cause ? Sont-elles le principal , si ce n'est le seul, facteur de désindustrialisation des pays concernés ? Il est étrange que cette question soit totalement absente, non seulement des vociférations des uns et des autres, mais aussi des débats, commentaires et thèses hautement sérieux et "scientifiques" dont universitaires, "experts", "politiques" et médias nous abreuvent. Et se gargarisent. En serait-on encore à croire que les bonnes-gens d'Europe occidentale et des états-unis d'Amérique ont le monopole de l'intelligence ? de la volonté ? du courage ? de la créativité ? Combien de temps a-t-il fallu à nos beaux esprits éclairés et judéo-chrétiens, à nos magnifiques révolutionnaires bouffis d'un humanisme nourri de terreur, pour accorder aux Indiens, Aztèques, Nègres, mais aussi aux Femmes d'exister, d'être reconnus « êtres humains » dotés de « l'intelligence » ? Nos populations et élites, rejetons d'impérialismes coloniaux, économiques (1), ne pêcheraient-elles pas ? Par excès d'orgueil, de prétention, de mépris ? Alors même qu'assises sur des coffres aujourd'hui vidés de leurs "trésors" ! Le "reste" du monde n'est plus l'esclave craintif longtemps exploité. Il serait temps d'en prendre conscience. Trente « glorieuses », trente « gueuses »... trente désastreuses ? La question se pose. Tentons d'y répondre. D'en débattre. En écartant le" médiatiquement correct", le "politiquement correct", "l'idéologiquement" correct, le "socialement correct", etc. Henri RIUS (1) Fait remarquable, l'Allemagne, dépourvue de passé colonial significatif a constitué longtemps un modèle économique pour l'Europe... H. RIUS - 6 octobre 2009
ENTREPRISE : DÉLOCALISATIONS

LETTRE OUVERTE D'UNE PME Très chers Français. Avant toute chose, veuillez m'excuser de vous réveiller en pleine sieste. Ce repos quotidien qui meuble vos ponts entre deux sessions de vacances, et vous anesthésie l’esprit. Si je me permets cette outrecuidance en vous secouant un peu, c'est bien par nécessité. La récréation est finie, il faut se bringuebaler. Depuis votre berceau, construit en 81, vous évoluez dans un monde onirique que les marchands de rêves vous ont pernicieusement vendu pour un bout de paradis sur terre. Le rêve est fini, la réalité du monde est devant vous. Je vous adresse donc cette lettre pour vous faire comprendre les motifs de mon départ définitif de ce pays. Certes, la concurrence mondiale fait que je n’ai plus d’autres choix économiques et stratégiques, mais les problèmes fondamentaux de la France y sont supérieurs. Quels sont-ils ? Le carcan administratif qui, sans connaître réellement mon champ d’action, mes difficultés sectorielles, géographiques, techniques, concurrentielles et financières, m’impose, m’interdit, me réglemente ma marge de manoeuvre. Il me fait perdre un temps précieux si ce n’est pas carrément parfois des marchés et des opportunités. Ma créativité est bridée, mon développement muselé. Il faut bien que la légion de personnes qui le compose justifie les postes et les salaires que l’on a créés tout spécialement pour celles-ci à une certaine époque. Cette démarche correspondait à un souci de satisfaire une demande forte d’emplois. Cette création d’emplois artificiels et improductifs devenus trop importants fut toujours menée au détriment de la fonctionnalité et de la liberté de mouvements des entreprises créatrices de richesses. Un important déséquilibre entre création/dilapidation de richesses fut conçu et peu l’ont identifié comme tel. En cela s’ajoute, outre le délire fiscal qui entrave le développement de mon entreprise, toute la kyrielle kafkaïenne du social. Voilà bien un monstre paupérisateur qui, non content de reprendre à son compte les mécanismes psychologiques négatifs de l’assurance, favorise le développement des petits malins qui parasitent le système. Dans la pratique, non seulement mon entreprise est asphyxiée par toutes les lignes de prélèvements dits sociaux, mes ouvriers le sont eux aussi. Par ce fait déplorable, ils sont démotivés. En effet, ils ont moins de résultats finaux que l’assisté social. Un comble ! La valeur Travail n’est plus dans le monde français. Cependant, personne n’en est contrit. Donc ce fait n’est pas identifié, ce qui explique la non-réaction des travailleurs ou les réactions inversées. Mon entreprise est entravée aussi par les volumes de code du travail. En plus de l’impact financier colossalement écrasant, ils font que la gestion humaine de mon unité de production n’est plus possible, car soumis à trop de contraintes. De surcroît, ils pervertissent le but social de la vie économique. Ils mettent à bas la hiérarchie, la responsabilité, l’implication, la motivation, la mise en valeur individuelle, la rétribution finale juste et gratifiante. Le mérite n’est plus honoré, car il est sanctionné par un joug financier et fiscal disproportionné et restrictif. Rien n’est fait en France pour dynamiser les battants. Au contraire, ces derniers sont bridés, financièrement punis. À l’unisson, ils sont haïs par les envieux et les paresseux. Que l’on ne s’étonne pas s’ils s’expatrient tous, leur savoir-faire et matière grise avec. Il est temps pour moi de les rejoindre. Mais avant de monter dans le train qui mène vers un avenir meilleur, je vais mettre le doigt sur un point qui fait très mal. Il a été créé par une succession d’utopies sociétales un conglomérat de fainéants avides de vacances et de RTT. En 28 ans de dérives utopiques, le pays s’est transformé en agrégat de mollusques, d’insouciants et d’ilotes. Une union de citoyens refusant les responsabilités et les contraintes, la hargne et l’effort. Par ailleurs, ils sont obnubilés par le loto et les stupidités de la télévision. Des adeptes d’Epictète qui s’ignorent. Le pur produit de la déliquescence de notre pays est illustré magistralement par la déchéance de l’éducation nationale. L’avenir du pays est fort sombre. Certains optimistes prétendent que la France deviendra un pays purement touristique. La belle perspective pour le pays des droits de l’homme et des lumières ! On lui jettera des cacahuètes et on se gaussera de ses pitreries. Dès lors, effectivement la France sera réellement le phare du monde de par sa nouvelle école du rire mondialement reconnue. Enfin, chers compatriotes, j'étouffe et vous quitte. Bon courage à vous. Vous en aurez bien besoin. Surtout les bâtisseurs, créatifs et actifs dignes de ce nom. En effet, comme le disent les provençaux « le plus pire » est devant vous. La dure réalité vous attrapera, telle une tapette qui terrasse la souris. Adieu donc. ________________ (*) NDLR : si la décision de publier cette lettre, reçue d'un homme manifestement exaspéré, à bout, a pu susciter réflexion et discussion, ce n'est pas tant à propos de la teneur que de l'identité de l'auteur. À l'heure où le "médiatiquement correct" consiste à ne donner voix qu'aux gémissements ou violences des uns et aux frasques des autres, il nous a paru bon - et même salutaire - de permettre l'expression d'un cri qui ne saurait laisser insensible. Par contre, et justement par égard aux manifestations de violence qui semblent ne rencontrer aucune limite et, pire, recevoir l'agrément d'une partie de la population et une étrange bienveillance de la part des "pouvoirs" publics, nous avons finalement décidé de ne pas dévoiler l'identité de l'auteur, dont le départ n'est pas totalement effectué. A - 28 septembre - 3 octobre 2009
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