SOCIÉTÉ LES GENS D'ICI ET D'AILLEURS
LETTRE : « T'ES PAS D'ICI, TOI !! »
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Tragique, dramatique, les mots perdent vite leur sens face à une telle désolation. C'est loin, mais si près aussi ! v Des dizaines de milliers de vies éteintes prématurément ou mutilées à jamais. Des rescapés plongés dans l'hébétude, l'affliction, la douleur, le dénuement... x Quelles réactions cela devrait-il susciter ? Quels sentiments cela devrait-il faire naître ? Quelle leçon cela devrait-il donner ? Quelles déterminations cela devrait-il générer ? c De la part des autres, de vous, de moi, de nous, épargnés par la catastrophe, pour cette fois ? De la tristesse, de la compassion vraie, une prise de conscience, ne serait-ce qu'un instant, de la chance d'avoir vie sauve. Une petite pause dans des vies bien confortables, dans des préoccupations si souvent futiles, dans les récriminations, doléances et plaintes, quelles qu'elles soient. De la pudeur dans les comportements, les actes, les propos. La solidarité, fut-elle simplement morale, en mettant en berne un matérialisme affligeant et confinant au sordide. Une trêve dans les luttes incessantes, stériles, infondées, fratricides pour la plupart. Une résolution : se comporter en être humain digne de ce nom, en se défaisant des oripeaux d'une société qui n'en porte que le nom, somme d'égoïsmes, d'indifférences, d'agressivités, de turpitudes funestes. Ridicule avorton, l'homme n'est rien face aux éléments et aux forces de la nature. Demain..., la main secourable sera peut-être celle de l'adversaire d'hier. Mais non, j'ai fait un rêve. Les turpitudes continuent de plus belle... L'être humain n'est qu'une légende. H. Rius - 16 janvier 2010
SEISME
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Dans mes tendres années d'enfance, mes parents et grands-parents m'ont appris que nous venions d'un pays merveilleux pour lequel beaucoup des nôtres étaient tombés, et puis le temps a passé, et puis de la béatitude, je suis passé à l'étonnement et de nos jours à la désillusion la plus totale. On me parlait d'un pays dont la devise était "Liberté, Egalité, Fraternité", un pays dans lequel il faisait bon vivre, un pays pour lequel il fallait se battre, un pays pour lequel il fallait faire son service militaire afin de remplir son devoir à la nation, un pays qui était "Le PAYS DES DROITS DE L'HOMME", un pays qui assurait l'éducation, la santé, la sécurité de ces concitoyens, un beau pays en somme. Et puis le temps a passé, et puis les illusions se sont envolées. La première fois, je ne me souviens plus trop, mais je crois que c'était étant tout môme, lorsque mes cousins m'ont dit que je n'étais pas d'ici, alors que j'étais en vacances dans le village natal de mes parents; certes il ne s'agissait que de "disputes ou taquineries" amicales entre gamins ? Et puis j'ai grandi, et puis cette phrase je l'ai à nouveau entendu, à maintes reprises, sur le territoire de France... Qu'avais je fait pour mériter un tel traitement dans un pays qui était le mien ? Je l'ignore encore aujourd'hui, or ce sentiment d'être un étranger dans mon propre pays, parce que je n'étais pas du village, a gonflé, gonflé, gonflé encore et toujours, à en devenir insupportable, jusqu'au jour où ayant été "délocalisé" après avoir répondu à une petite annonce d'une entreprise qui cherchait du personnel sur la région toulousaine on me dit: "tu es un doryphore !!" Un doryphore, moi je connais celui qui attaque les pieds de pommes de terre, sinon à quoi cela pouvait 'il correspondre ? Je demande l'explication et là j'ai la réponse qui fuse, impitoyable, impardonnable, irréelle à mes oreilles. "Vous êtes venus nous envahir pour nous ôter le pain de la bouche !!! " Quoi, dans mon propre pays, considéré comme un étranger ??? Sauf que je n'ai pas d'association pour me venir en aide, pour porter plainte face à ce racisme (puisque c'est cela le sujet: le racisme anti français fait par des français à d'autres français). Bien évidemment vous n'aurez aucun mal à imaginer que ma réponse fût des plus cinglantes, que mon mal être ne pouvait être qu'à son paroxysme. Pourquoi tout cela, je me la suis posée cette question, et puis la réponse je l'ai trouvé, en écoutant les informations notamment: nos responsables politiques avaient depuis des années détournés le sens premier de la République et de sa devise: liberté, égalité, fraternité... Que de beaux mots dans la gorge, mais des mots ô combien étouffant dans une gorge serrée. Nos politiques se sont évertués avec d'autant plus d'efficacité que c'était facile, à diviser mon pays, celui pour lequel mes aïeux ont combattu, certains n'en revenant pas, comme tant d'autres; comme autant de clans seigneuriaux différents, ils ont divisés les gens, en classes, en genre, en religion, en sexualité, et les gens ont marché, certains voulant plus que les autres (donc forcément au détriment des autres -où es tu Egalité, où es tu Fraternité?) ils ont eu en effet plus que les autres, et puis l'esprit de la France s'en est allé, petit à petit mais de façon inéluctable jusqu'à aujourd'hui où ces mots ne veulent plus rien dire dans l'esprit des gens, une équipe de football dont tous les joueurs chanteraient la Marseillaise?? J'en rêve. Et puis un soir de finale de la coupe de France je crois, j'ai vu un truc qui m'a mis hors de moi "des gens de mon propre pays insultaient d'autres vivant également dans mon propre pays ce soir là, j'ai eu honte, ce soir là j'ai eu la haine, ce soir là, si j'avais eu une arme... Mais que dis je ? Qu'aurais je fais ??? Je n'ose l'imaginer !! L'éclatement de mon Pays est malheureusement bien réel, et je le pleure régulièrement, où es tu France de la Liberté, de l'Egalité, de la Fraternité ?? En congés, morte, dissoute, je n'en sais fichtre rien, mais comment avons nous pu laisser tout cela arriver.. A qui la faute ? A NOS POLITIQUES, A NOUS TOUS EGALEMENT. Réveilles toi France, tes enfants ont besoin de toi !!! Et pour conclure je vais enfin vous le dire: je suis d'ici, je suis de France, personne n'y peut rien, mais j'en suis fier, fier de mon pays et fier de mes ancêtres, fier de mes parents, fier de mon éducation et de mes croyances, fier de ma liberté, et cela je ne le laisserai jamais mourir. Personne ne tuera plus jamais cela en moi. JE SUIS D ICI !!! Anonyme
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