CRI D'AMOUR ?
Décidément, nos politiques ne reculent devant aucune forme de ridicule. Heureusement pour eux, le ridicule ne tue plus... Le 11 janvier au soir, aux informations nationales, monsieur Lefèvre, porte-parole de l’UMP, n’a pas fait dans la mesure. Il a en effet textuellement déclaré que le refus des Martiniquais et des Guyanais d'évoluer vers plus d’autonomie constituait "un cri d’amour adressé à la métropole" Si ce monsieur avait, comme moi, habité et travaillé dans ces départements, il aurait plutôt choisi une autre image du style «pas lagué moin» (ne nous larguez pas). Enfants gâtés, «danseuses de la France» selon V.Giscard d’Estaing, nos compatriotes ultramarins ont simplement exprimé, contre l’avis de nombre de leurs dirigeants, leur volonté de ne pas voir remis en cause leur statut. De là à y voir un cri d’amour, il ne faut pas rêver. Ce type de déclaration lyrique est probablement de nature à justifier l’information livrée dans le même journal télévisé. Selon un sondage récent, 66% des Français ne se reconnaîtraient pas dans leurs hommes politiques … Cri d’amour ou expression d’un ras-le-bol face à un discours ampoulé totalement déconnecté de leur vie au quotidien ? Je n’aurai pas eu à m’interroger longuement pour faire mon choix. G. FACON 12-26 janvier 2010
Difficile dans ces conditions de demander à des Français modestes de se serrer un peu plus la ceinture au nom de la crise. Nous vivons bien dans une France à deux vitesses, prétexte pour quelques politicards hypocrites de s’insurger médiatiquement contre un système inégalitaire dont ils ne font pourtant que tirer avantage. Raymond Barre avait courageusement tenté, en vain, de mettre fin à ce scandale, contraint de reculer devant un « microcosme politique » lui aussi bénéficiaire des largesses de la République. Philippe de Villiers, volontiers provocateur, avait déposé, en 2003, un amendement proposant d’aligner le régime de retraite des députés et des sénateurs sur celui du régime général … jamais cet amendement n’est venu en discussion !!! Oui, les Français aiment leur patrie, oui, les Français savent que les temps deviennent durs, oui, ils sont prêts à faire des sacrifices ! Mais à une condition : que les efforts soient proportionnés aux capacités de chacun. À moins de 1 000 euros par mois on ne peut plus consentir de sacrifices !!! La Gauche n’a rien compris : en cherchant à pousser les gens dans la rue elle ne fait qu’exacerber le mal, qu’entretenir l’illusion d’une France encore riche. La Droite ne réglera rien en annonçant vouloir faire une politique de gauche, sacrifiant au passage les droits de l’homme, en prétendant défendre le patrimoine des Français en se précipitant au secours de banquiers seulement présents au moment de payer la facture des malus. Ce dont la France a besoin c’est d’un nouvel ordre social ou les élus commenceraient par montrer l’exemple, payant, les premiers, de leur personne. Une nouvelle fois, cherchant à « enfumer » les Français, le nouveau président du Sénat, à peine élu, nous déclare, la main sur le cœur, que le fonctionnement de la Haute Assemblée va devenir transparent. Les sénateurs retraités applaudiront, mais nul doute que la résistance s’organisera chez ceux encore en exercice ! Ainsi va la France : fais comme je te dis, mais pas comme je fais … Gérard FACON (1) NDLR : Gérard FACON connaît parfaitement le sujet pour avoir exercé les fonctions d'Inspecteur du Trésor
Il y a plus de trente ans, Valéry Giscard d’Estaing dénonçait les « danseuses de la République », stigmatisant le coût prohibitif de nos départements et territoires d’outre-mer traités comme des enfants gâtés de la République. N’empêche, nous avons assisté, en décembre, à une nouvelle démonstration de « caprice » de nos compatriotes ultramarins qui ont organisé des barrages pour réclamer une baisse du prix de l’essence, en Guyane d’abord, puis en Guadeloupe ensuite. Cachés derrière cette France à deux vitesses, les fonctionnaires s’associent en masse au mouvement de protestation. C’est vrai, pour un métropolitain, l’essence à un 1,70 euro le litre c’est cher, mais pas pour tout le monde… Savez-vous que tous les salariés du secteur public des départements d’outre-mer perçoivent une indemnité forfaitaire de cherté de vie et une majoration de leurs salaires bruts de 40% (1)? Savez-vous que cette majoration s’applique à tous les salariés, locaux ou expatriés ? Savez- vous qu’un métropolitain d’origine travaillant dans un service public outre-mer perçoit, en plus de la majoration de 40% une indemnité dite « d’éloignement » représentant, chaque année, plusieurs mois de salaire ? Savez- vous que tous les trois ans un fonctionnaire des DOM, local ou expatrié, bénéficie d’un congé de deux mois et de billets d’avion gratuits pour lui et toute sa famille pour venir visiter la métropole ? Savez- vous enfin, qu’une majeure partie de ces majorations échappe à l’impôt sur le revenu ? Pour les TOM ( Calédonie, Tahiti ), c’est encore plus avantageux … En revanche, les salariés du secteur privé subissent un SMIC inférieur à celui de la métropole. Eux, et eux seuls ont raison de protester, et je les soutiens. Mais «eux» ne comptent pas, isolés, minoritaires, ils subissent… ne rêvant qu’à une chose : devenir un jour fonctionnaire, dans le seul secteur qui recrute massivement par pur souci électoral dans un contexte économique moribond vivant sous perfusion ruineuse de deniers publics importés de la métropole.
UNE FRANCE A PLUSIEURS VITESSES
FRANCE D'OUTRE-MER
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